Petit, rempli d’AMOUR par un Papa et une Maman merveilleux, et deux petits Frères adorables, la vie ne me présageait que du bon… jamais une engueulade, jamais un coup, seul le regard de mon Papa suffisait à me dissuader d’être un rien turbulent, voire un peu capricieux comme tout enfant. Je dois dire que de prendre une claque de mon Papa m’aurait déboîter la tête tant ses mains étaient grandes, mais il n’en fut jamais rien, pour personne.
Un Papa doux, calme, rieur, attaché à ses enfants et à son épouse, travailleur 1er chef maçon, jamais un mot plus haut que l’autre, jamais une larme sur les joues de ma maman, tout n’était que bonheur, et ce malgré la dureté du moment (ANNÉE 60-70).
Comme tout a une fin, un jour Papa meurt noyé, accident, assassinat, je n’en su jamais rien étant trop petit. Papa savait nager, ne buvait pas, mystère? qui me marque encore aujourd’hui.
Je n’aurais jamais imaginé dès cet instant que petit à petit, la haine allait grandir en moi. Un beau père fit son apparition.
Même si tout paraissait bien au départ, et que celui-ci travaillait, chose unique qu’il faut lui laisser, l’enfer pointant le jour tant pour ma maman que pour mes frères et moi. L’ENFER ÉTAIT LÀ, ET MA HAINE GRANDISSAIT.
Beau père alcoolique, violent, violeur, qui me mettait plus de coups qu’il ne buvait une bière, m’initia au vol, à la bagarre, à la mécanique, même à l’abattage clandestin.
Cela finit par m’écarter du droit chemin, je séchais l’école, commettais des délits à droite et à gauche, entrainant mes frères.
Circonstance qui nous amena les flics, sans même écouter les pourquoi du comment, la saga des flics commença par le juge de la jeunesse.
Les flics trop cons pour écouter, et ce malgré les traces sur le visage de ma maman, et mes coups, et la juge encore plus conne pour comprendre, nous fument placés en institution. Mes frères ensemble à Marchienne, et moi seul.
Cette grosse laide comme un boxer, se permettait dans son boulot de placer les enfants des autres, alors que sa fille était la plus grande putain de tout Charleroi.
Je fus placé à Jumet, école, ensuite Ransart, école travail, puis Suarlée institut d’école et puis travail, pour finir en boucherie à Braine-l’Alleud. Ma haine sur ce connard de beau-père, sur ces connards de filcs, et cette Juge, restait gravé dans mon fort intérieur.
Chaque semaine en boucherie, je volais de la viande pour que ma mère ait un peu plus pour donner à manger à mes frères. Je téléphonais aussi souvent à ma maman, que j’entendais pleurer au son de sa voix, ou que je remarquais des coups en rentrant en week-end.
De plus en plus, cela me marquait, et je cherchais au fond de moi une façon de réagir, jusqu’au jour où, à la boucherie, je vis la cachette du patron où celui-ci mettait la clef du local où il m’avait toujours formellement interdit de pénétrer.
Un trou en hauteur dans le mur renfermait la clef de son local, où il entreposait ses armes, fusils de chasse de toute sorte, et armes de poing.
Cette découverte éclaira ma vision, un tilt se fit dans mon cerveau, et j’attendis fin de semaine pour rentrer en week-end chez ma maman.
Le patron partit en livraison, le fils en préparatif pour ses sorties en boites, ne restait que la patronne pour servir les clients.
Prétextant aller sortir le chien pour ses besoins avant de partir, je me rendis au local arme, pour y dérober un 9 mm, avec la ferme intention de mettre un terme aux souffrances de ma maman.
Rentré chez moi, je cachai l’arme dans le camion qui servait de garage, et attendis le lendemain. Le déclic, le tilt dans mon cerveau se fit tout seul, quand l’après-midi je vis ma maman pleurer, et lui allonger sur une chaise longue dans le jardin en vociférant des insultes pour que ma maman lui apporte une bière.
Mon sang ne fit qu’un tour, et je me précipitais dans le camion chercher l’arme pour me diriger devant lui.
Éblouis par le soleil, il ne me vit pas arriver, et au moment où ma maman arrivait dans le jardin, je plongeais l’arme au travers de sa bouche en lui broyant les dents.
Maman se rendant compte du fait se mit à hurler de toutes ses forces (NON!!!!). Ce cri de désespoir me ramena à la réalité, et mit fin à mon acte, alors que je lui gueulais touche encore à ma mère, je te tue.
Sans le cri strident de ma maman, je l’aurais tué.
Alors que je me préparais pour mon retour à la boucherie, on frappe à la porte, et je vis entrer le fils, ainsi que deux gendarmes. J’avais compris, ne chercha pas à nier, et remis l’arme au fils.
Comme je devais rentrer au travail, le camionnette me vint à point, et je dus payer les conséquences après le départ des gendarmes et un peu plus tôt que prévu, coups de ceinture et envoyé au lit, mais le patron fut rassuré que je n’avais pas utilisé son arme.
Le lendemain matin, ce fut de nouveau le sermon, que je comprenais, même si ça me cassait les oreilles, je fus toute fois ravi d’entendre qu’ils ne se sépareraient pas de moi, qu’il n’y aurait pas d’intervention devant la Juge, et que je pouvais continuer à travailler.
J’avoue que j’étais bien, mangeais bien, et même si au départ je faisais les crasses, j’apprenais un métier. Bien sûr c’était pas de la mécanique, mais malaxer les diverses viandes, et surtout les gouter, pour en sortir boudins, saucisses et autre, me plaisait, tout comme l’apprentissage de découper les viandes pendues dans le frigo, ou sur l’établi de bois, nettoyer et découper les rôtis, les poitrines de lard, m’emballait.
Après trois ans, j’en eu marre et décidais un dimanche soir de ne pas rentrer de week-end. Vivant d’abord un peu caché, ensuite chez ma maman, qui s’était décidée à quitter son tortionnaire, je fis la rencontre de ma future femme. Très vite, je ne pouvais pas me contenter de la regarder dans le blanc des yeux, et celle-ci se retrouva enceinte de notre premier enfant (une fille).
Devant assurer, je me rendis au commissariat de Marchienne, pour exposer la situation, et pour une prise de renseignement concernant un mariage. L’agent de quartier vint à domicile, et m’aida à formuler ma demande à sa Majesté le Roi, car nous étions mineurs, et mon épouse enceinte. Quelques temps plus tard, ma demande fut acceptée, et le mariage célébré.
Petit à petit, je sentais ma haine se dissiper.
En guise de cadeau de mariage, l’agent de quartier m’apporta mes papiers pour l’armée. Armée qui me révoquât pour un souffle au cœur, parce que j’étais marié depuis moins d’un an, et que j’avais un enfant de moins d’un an.
Cette réjouissance fut la dernière de ma maman qui décéda quelques mois plus tard d’un cancer du sein. Etant en ménage, mes frères regagnaient mon domicile, dont ils avaient fait leur point de chute, à chaque fois qu’ils cavalaient de leur home. Malgré tout, la vie continuait, et comme nous étions l’année suivante, mon épouse attendait notre deuxième enfant (un garçon).
Deux ans après la naissance de notre fils, ce fut la naissance de notre troisième enfant (une fille). Nos enfants étaient tout notre bonheur, mais nous ne pouvions pas nous imaginer que le pire restait à venir, que notre vie allait basculer dans le néant.
17 avril, ma femme a vingt ans, et avec les enfants, je pense fêter son anniversaire, tous dorment encore, et je me rends en ville acheter un gâteau, et son cadeau. Emplette finie, j’entends au loin le hurlement des sirènes, et plus je me rapproche de mon domicile, au plus le bruit devient assourdissant. Un Smur démarre déjà vers un hôpital, mais je ne sais pas qui est dedans.
Face à mon domicile, je vois pompiers, ambulance, Smur, je laisse tomber ma moto, et me rue vers ma maison. Je vois noir, bouscule deux flics pour rentrer dans ma maison.
À hauteur d’homme, à la base du compteur jusqu’au plafond, les murs sont noirs, les boiseries sont brûlées. Malgré les cris des flics, je monte à l’étage qui est noir de fumée, ou je cherche les miens.
Dans la chambre, je cherche, je me penche sur le lit d’enfant où est censé dormir ma dernière petite fille. Dans le lit, je tâtonne et je pense prendre ce qui est une de ces poupées négresse. En guise de sa poupée, c’est ma fille que j’agrippais de la main. Dans le même élan, je cherche mon fils, que je ne trouve pas. Regardant par la fenêtre, je vois ma femme soutenue par les voisins, qui me dit que ma grande fille était partie pour l’hôpital.
Dévasté, ne sachant que dire, ou que faire, les yeux dans le vide, le voisin me fit boire deux whisky d’affilée, et m’emmena à l’hôpital auprès de ma grande fille. Pour le reste, nous fumes laissés comme des chiens, pas d’assistance psychologique, rien du tout, à croire que nous n’existions plus. Ma femme se tourna dans la dépression, et moi dans la violence.
Mes AMOURS étaient perdus, ma HAINE reprit possession de mon esprit et ne fit que quadrupler, mais que pouvais-je faire ? Toutes les prières que j’ai formulées à ce moment-là sont restées veines.
Tracasserie oblige, manque de moyens oblige, la VIOLENCE que l’on m’a donnée en grandissant fut mon échappatoire.
Violent sur une grande échelle, vole, braque, tout et n’importe quoi, tantôt en équipe avec l’un, puis avec d’autres.
Mutuelle, poste, commerce, société, commissariat, enlèvement et séquestration d’un notaire, vol de tableau contre rançon, tantôt en douceur, tantôt violent. Je donnais des coups de crosse afin de rendre l’exécution des mouvements plus rapide.
J’ai cassé des têtes, cassé des jambes, cassé du flic, mis un flingue sur la tempe d’un rival en plein bistrot pendant 1/4 d’heure pour une fille que j’avais rencontré des mois auparavant, pour finir plus tard par se tirer dessus.
J’ai mis deux grenades sur le comptoir d’un bar, pour faire changer d’avis le patron, pour une autre fille de rencontre.
Deux complices sont morts dans des braquages (bijouterie et réserve Aldi), un troisième est mort dans un règlement de compte.
Les flics m’ont allumé à Pont-à-celles dans une cavale, à Roux, dont les impacts de balle figurent encore dans le mur de la façade.
Dans ma détresse, j’ai cherché la mort, trop lâche pour me suicider. Mon calme, la tombe de mes enfants, que je pleure encore aujourd’hui 45 ans après.
Comment se refaire après ça :
Papa décédé quand j’étais petit.
Maman décédée dans mon adolescence.
Mes trois enfants décédés, alors que la vie s’ouvrait devant moi.
Un frère décédé au cours de ma vie (mon bras droit, et pilote).
Trois complices abattus (dont mon fournisseur d’armes).
Et la justice qui pensait me calmer par de la prison, je dois rire quand ?
ON M’A SOUMIS À LA VIOLENCE, ET JE ME SUIS RÉVÉLER…
SANS AMOUR, ET AVEC HAINE.
Ecrit par IMC THKDJ.
