On nous a vendu un mensonge. Une règle, une équerre, un tracé au cordeau. On nous a dit « la vie, c’est une ligne droite gamin. Du point A au point B. Ne sors pas du troupeau ». Marche tout droit. Regarde pas les fossés. Vise le sommet.
Mais c’est faux. Regarde tes chaussures. Regarde la terre. La vie, c’est pas une flèche, c’est un éclair. C’est un arbre infini dont on est la racine.
Alors oui… Y’a des jours « Autoroute ». Le bitume est chaud, le ciel est bleu pétrole. Tu glisses, tu voles, t’as le vent dans le dos. C’est le « bon » chemin. Celui qu’on met en photo. Celui où tout est simple, où rien ne fait défaut. On voudrait s’y arrêter. Planter sa tente. Dire « j’y suis ».
Mais la route, elle, elle s’en fout de ton confort. Au bout du boulevard ? Un virage. Encore.
Et puis y’a les autres jours. Les jours « Sentir de guerre ». Là où ça grimpe. Là où ça serre. Le mauvais chemin. Celui de l’échec, de la boue, de la galère. Celui où tu te dis « J’me suis planté; c’est l’enfer ». Tu crois que tu es perdu ? Que t’es dans l’impasse ? Que le destin t’a oublié dans la mélasse ?
Écoute-moi bien. Le cul-de-sac, c’est une illusion d’optique. Regarde le mur. Touche-le. Il y a une brèche. Toujours. Ce « mauvais » chemin qui t’a écorché le genou. C’est lui qui t’amène à la porte du rendez-vous.
C’est une mécanique folle, une géométrie variable. Tu crois finir uen histoire ? Tu en écris la fable. Une porte qui claque ? C’est trois fenêtres qui s’ouvrent. Une route qui casse ? C’est un pont qu’on découvre. Chaque pas est une graine. Chaque erreur, une déviation. Chaque « j’aurais pas dû », une nouvelle direction.
Alors ne juge pas ta route. Qu’elle soit de marbre ou de poussière, qu’elle soit de lumière ou de mystère. L’important, c’est pas de savoir si c’était le « bon » plan. L’important, c’est que le chemin s’arrête… jamais.
Parce que là où tu poses un pied maintenant ? C’est juste le début… Du chemin d’après.
Ecrit par un auteur anonyme.
